Quand Willy Colon et Ruben Blades se mettent au dancehall

août 21, 2013 Non Par karambol

Évidemment c’est encore une fois une petite plaisanterie de mon cru :  ces deux légendes vivantes de la musique latine n’ont pas jeté aux orties les 30 a 40 dernières années pour se tourner vers des musiques venues de Jamaïque, c’est plutôt la Jamaïque qui s’est mise à la salsa si on peut dire. Mais pour comprendre ou je veux en venir il faut commencer par le début.

Nous sommes donc en 1978 et en cette année bénie des dieux sort ce qui sera le point culminant de la collaboration entre Willy Colon et Ruben Blades : l’album intitulé Siembra . Pour ceux (rares) qui ne saurait pas de quoi je parle Siembra c’est Pedro NavajaBuscando Guayaba, Plastico …des chansons qui sont devenues dès la sortie des classiques de la salsa. Si vous ne connaissez pas et que vous dites aimer la musique latine c’est un péché que vous expierez un jour ou l’autre et si vous ne connaissez pas c’est l’occasion rêvée d’enfin vous y mettre à la musique latine. Je ne vais pas refaire ici la critique de ce classique, d’autres l’ont déjà fait à l’époque (ici par exemple ou et ) je vais seulement vous dire que ce n’est pas par hasard que c’est l’album de salsa le plus vendu au monde, mais je vais attirer votre attention sur la piste n°4 comme on disait au bon vieux temps du vinyl :  Maria Lionza est la chanson qui nous intéresse aujourd’hui. (ci dessous une version récente interpretée par Ruben himself).

Vous avez entendu les trombones ? et bien ces mêmes trombones se retrouvent samplés sur ce qui est parait-il un des tubes de l’été sobrement intitulé « Watch out for this (Bumaye) » par Major Lazer (Featuring Busy Signal, The Flexican and FS Green) : oui je sais ça fait beaucoup de monde mais c’est comme ça dans la musique moderne : pour une chanson il faut 3 ou 4  « featuring »* : surtout quand on est un illustre inconnu. Mais je digresse et je balance des perfidies sur des artistes que je ne connais même pas et je m’éloigne de mon sujet à savoir les cuivres de Maria Lionza qui ont été habilement samplés et accélérés dans cette chanson comme vous pouvez le découvrir aux alentours de la 51àme seconde de la vidéo ci-dessous (et surtout ne vous laissez pas distraire par les créatures ondulantes présentes dans cette vidéo).

Mais l’histoire ne s’arrête pas là : cette chanson est elle même une sorte de remix/resample d’une chanson de 2005 commise par The Flexican featuring Typhoon et intitulé Bumaye et qui déjà à l’époque avait samplé les arrangements de cuivres de M. Colon. The Flexican étant l’un des protagonistes de l’affaire qui nous préoccupe je crois qu’on peut dire que la boucle est bouclée, et que nous avons quasiment fait le tour de la question.

Et voila comment un classique de la salsa reprend vie grâce à la magie du sample après un détour par les Pays-Bas (je ne vous l’ai pas dit mais The Flexican c’est un Dj néerlandais) et la Jamaïque.  Évidemment le message original de l’album Siembra s’est un peu perdu en route et on peut toujours regretter que dans les musiques actuelles les seuls cuivres qu’on entendent soient des samples d’arrangements composés il y a 35 ans (aussi géniaux soient-ils), mais si grâce à ce classique on peut avoir du dancehall qui n’appelle pas à brûler les homosexuels sur le bûcher c’est déjà pas mal .
Voila maintenant cher lecteur tu peux « shake ton booty sur le dance floor » en ayant une petite anecdote à partager avec tes amis.

Pour aller plus loin
Et si d’aventure vous voulez savoir qui était cette Maria Lionza qui à droit a sa chanson une petite explication en anglais .

 

* j’aurais pu dire invités mais « featuring » ça fait djeuns, moderne tout ça 🙂

Sources

http://www.whosampled.com/sample/87439/The-Flexican-Typhoon-Bumaye-Willie-Col%C3%B3n-Rub%C3%A9n-Blades-Maria-Lionza/

Remerciements à Monsieur Mundo Latino 😉 qui m’a attiré l’oreille sur cette reprise qui jusque là avait plutôt attiré mon attention a cause du déhanché de certaines jeunes personnes (probablement une habile manipulation mentale à laquelle j’ai succombé et qui m’a conduit à produire cette note)

Cadeau Bonus : la version Sibérienne (ou l’on peut voir les fameux déhanchés)