Henri Debs producteur créole

septembre 20, 2013 Non Par karambol

Le producteur, auteur-compositeur, interprète guadeloupéen Henri Debs s’est éteint  le 19 août 2013 après plus de 50 ans de carrière et après moult tergiversations j’ai décidé de lui rendre un mini-hommage parce que tout au long de ses 52 ans de carrière il a touché un peu à tout et à sa façon il a largement contribué au rayonnement de la musique des Antilles françaises à travers le monde.

Comme tout producteur il ne s’est pas fait que des amis au cours de sa carrière : nous le savons tous , dans le monde de la musique le producteur c’est toujours le méchant à un moment ou à un autre et Henri Debs ne dérogeait pas à la règle car en plus d’être un musicien accompli (guitariste de bon niveau entre autres) c’était aussi un commerçant né qui n’a jamais perdu de vue le coté commercial de la musique et qui avait réussi à imposer les « Disques Debs » comme la principale maison de production des Antilles à tel point que votre serviteur s’est fendu d’un mini pèlerinage rue Frébault à  Pointe-a-Pitre lors de son premier séjour en Guadeloupe : il fallait que je voie de mes yeux l’endroit d’où venait les musiques de mon adolescence.

Si vous voulez tout savoir sur Henri Debs je vous conseille de vous procurer ses mémoires d’Henri Debs « Mémoires et vérités sur la musique au Antilles« , vous ne serez pas déçus ; je vais me contenter de vous rappeler (vous faire découvrir peut-être) quelques petites choses qu’il a produites et que vous reconnaîtrez même si vous n’avez pas baigné dans la musique antillaise depuis tout petit.

Piano Biguines

Piano Biguines par Alain Jean-Marie c’est un des premiers enregistrements (1969) de celui qui n’était pas encore le pianiste de jazz internationalement reconnu qu’il est devenu depuis mais si vous aimez le jazz, le piano, la biguine (les 3 ou seulement l’un des 3) vous devez l’écouter et ensuite écouter les 2  « Biguines Reflections »  (et l’ensemble fera un très intéressant cadeau de noël)

 

Rosalie.

Les plus jeunes d’entre vous l’ignore peut être mais la « Rosalie Rosalie Oh » immortalisée par Carlos (avant d’être reprise par une marque de jus de fruits) c’est au départ une production Henri Debs : une chanson de Georges Plonquitte interprétée par le groupe Typical Combo. Un  tube antillais découvert par le chanteur Carlos lors d’un séjour en Guadeloupe et qu’il a repris avec le succès que l’on sait.

La Divinité

La Divinité interprétée par le groupe La Perfecta à une époque ou l’on ne parlait pas encore de zouk, c’est devenu un standard de la musique martiniquaise et récemment cette chanson servait de générique de fin au film « La première Etoile » de Lucien Jean-Baptiste : avant tout ça c »est aussi une production Debs de la fin des années 70 (après Rosalie).

 

Zouk Machine

Eh oui Henri Debs fut le premier producteur de Zouk Machine  :  la Guadeloupe avait son Girl’s Band a la fin des années 80, fondé par Guy Houllier,Yves Honoré (du groupe Expérience 7 pilier des disques Debs et les auteurs/compositeurs de ce qui est à ce jour le plus gros tube zouk ) et Henri Debs donc. Et ci dessous la version originale de Maldon (sans le gimmick « La musique dans la peau ») qui était déjà un tube aux Antilles françaises avant de traverser l’Atlantique : pour la petite histoire « Maldon » a été ajouté à la dernière minute sur l’album parce Henri Debs trouvait qu’il manquait quelque chose au disque.

 

Voila ainsi s’achève un tour d’horizon bien loin d’être exhaustif : je n’ai pas parlé du génial saxophoniste Emilien Antile, ni du tout aussi talentueux Albert Lirvat et de bien d’autres dont la route à croisé à un moment ou un autre celle d’Henri Debs à qui la musique antillaise doit beaucoup.

 

Pour en savoir plus sur la biguine le jazz et la musique antillaise c »est par