Comment mettre du rock dans le konpa*

juillet 16, 2014 Non Par karambol

Tout d’abord une mise au point : quand je parle de la musique haïtienne qui faisait danser la caraibe dans les années 70 (et encore maintenant) je l’écris en créole et c’est mon choix donc c’est konpa et pas compas !
Cela étant dit revenons à nos moutons : les événements que je vais vous conter maintenant se sont déroulés il y a très longtemps dans une très lointaine galaxie à une époque pas si lointaine ou votre serviteur était encore jeune avec le teint frais , et une chevelure dont les boucles abondantes évoquaient plus le corbeau que le renard argenté. Nous sommes à la fin des années 70. En 1976 précisément, un guitariste anglais décrochait la lune en vendant plus de 6 millions de copies d’un album intitulé Frampton comes alive !
Peter Frampton puisque c’est de lui qu’il s’agit voyait sa carrière solo décoller avec notamment deux tubes extraits de cet album : « Show me the way » et « Do You feel like we do » La particularité de ces deux chansons étaient que sur cet album, Peter Frampton utilisait de façon intensive une talk box* à tel point que grâce (ou à cause du) au succès de son album il fut longtemps associé à cette technique alors qu’il n’en était pas l’inventeur. Pour vous rafraîchir la mémoire ci-dessous un extrait musical.

Depuis Peter Frampton à continué sa carrière et est devenu un représentant de ce que l’on appelle parfois « classic rock » au USA : pour caricaturer le « classic rock » c’est le rock « pré -grunge » .

Et Haïti dans tout ça me direz-vous ? Et bien justement parlons-en de Haiti . Dans les années 70 la musique haïtienne fait danser le monde (au moins la caraïbe francophone et l’Afrique) le konpa depuis son invention par Nemours Jean-Baptiste est devenu la musique à la mode bien avant la déferlante zouk. Les musiciens haïtiens sont des stars et les groupes se font et se défont . Parmi les vedettes de l’époque figure Robert Martino un virtuose de la guitare qui en 1976 quitte les Gypsies de Petionville pour fonder le groupe Scorpio et après deux albums parait « Min YaYade la » sur lequel une piste va attirer l’oreille de votre serviteur pas à cause des paroles, mais bien parce que « Zobop » c’est une talk box et un solo de guitare comme on en entendait plutôt dans le rock que dans le konpa .

Robert Martino ne s’est pas arrêté là, Zobop introduisait le style Scorpio avec un orgue en remplacement du piano et bien sur  la guitare omniprésente (en rythmique ou en solo) et des cuivres ayant une petite coloration disco/funk. Quelques années plus tard, en 1979 si ma mémoire ne me fait pas défaut, il signait « Map Mandé Kouraj« , un tube intergalactique (si si si) qui faisait la synthèse entre le konpa haïtien et les gimmicks disco à la mode genre « Freak Out ! » en 12 minutes et 30 secondes.
En savoir plus sur le konpa (English)  http://en.wikipedia.org/wiki/Compas_music

Une interview de Peter Frampton sur le réseau NPR (National Public Radio : la radio publique états-unienne :  http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=129000785

Cadeau Bonus

Map Mandé Kouraj (Scorpio).